Café : ce que montrent vraiment les études sur la santé, le cœur et la caféine
Le café est l'une des boissons les plus étudiées au monde. Longtemps associé à des inquiétudes sur la tension, le cœur ou le sommeil, il apparaît aujourd'hui, dans les grandes synthèses, associé à un risque plus faible de plusieurs maladies chroniques : diabète de type 2, maladie de Parkinson, certaines maladies du foie, mortalité.
Mais une distinction essentielle s'impose : une association observée dans des études de population ne prouve pas que le café est responsable de la baisse du risque. Les buveurs de café diffèrent aussi par leur alimentation, leur activité physique, leur tabagisme ou leur niveau socio-économique. Les essais randomisés permettent d'étudier certains effets à court terme (tension, performances sportives), mais aucun n'a mesuré l'effet de décennies de consommation sur la santé.
Effet le mieux établi : association entre consommation de café, y compris décaféiné, et risque plus faible de diabète de type 2 Grade B
La mortalité plus faible, la maladie de Parkinson et l'effet de la caféine sur les performances sportives atteignent aussi une certitude modérée. Les principaux points de vigilance concernent le sommeil et la grossesse.
Comment sont attribués les grades ?
Nos grades suivent la méthode GRADE (Grading of Recommendations, Assessment, Development and Evaluation), le système de référence international utilisé notamment par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et la collaboration Cochrane. Il mesure le niveau de confiance que l'on peut avoir dans un effet, à partir de l'ensemble des études disponibles.
| Grade | Certitude | Signification |
|---|---|---|
| Grade A | Élevée | Nous sommes très confiants : l'effet réel est proche de l'effet observé |
| Grade B | Modérée | L'effet réel est probablement proche de l'effet observé, mais pourrait être sensiblement différent |
| Grade C | Faible | Confiance limitée : l'effet réel pourrait être sensiblement différent |
| Grade D | Très faible | Très peu de confiance : l'effet réel est probablement très différent |
| Non évaluable | Non évaluable | Aucune donnée chez l'homme (uniquement cellules ou animaux) |
Comment le grade est-il fixé ? Le point de départ dépend du type d'études : les essais randomisés (participants répartis au hasard) partent d'une certitude élevée, les études observationnelles (comme les cohortes) d'une certitude faible. Le grade est ensuite abaissé en cas de défauts méthodologiques, de résultats contradictoires, de preuves indirectes, de trop petits effectifs ou de suspicion que des études négatives n'aient pas été publiées. Il peut être relevé pour des études observationnelles en cas d'effet très important, d'effet qui augmente avec la quantité consommée, ou quand les biais probables auraient dû masquer l'effet observé plutôt que le créer.
Le grade mesure la solidité des preuves, pas l'importance de l'effet ni sa dangerosité.
Pourquoi ne pas tenir compte des études en laboratoire ou chez l'animal ? Un effet observé sur des cellules ou chez l'animal ne se retrouve souvent pas chez l'homme : doses, absorption et métabolisme sont très différents. Nos grades reposent donc uniquement sur des études menées chez l'homme.
À savoir avant de lire : une étude de cohorte suit de très grands groupes de personnes pendant des années, en observant ce qu'elles mangent et qui tombe malade. Elle montre une association, pas une cause. Une revue parapluie regroupe les résultats de nombreuses méta-analyses (une méta-analyse regroupe elle-même les résultats de plusieurs études). Une « tasse » n'a pas de volume fixe : sa teneur en caféine varie beaucoup selon le café et la préparation.
Mortalité toutes causes Grade B
Une grande revue parapluie publiée dans le BMJ (201 méta-analyses d'études d'observation sur 67 critères de santé, et 17 méta-analyses d'essais) trouve que le café est plus souvent associé à un bénéfice qu'à un risque. La baisse de risque la plus importante apparaît autour de 3 à 4 tasses par jour, par rapport à l'absence de consommation :
- mortalité toutes causes inférieure d'environ 17 % (risque relatif de 0,83) ;
- mortalité cardiovasculaire inférieure d'environ 19 % (0,81).
Boire davantage n'apporte pas de bénéfice supplémentaire.
Pourquoi ce grade ? Point de départ faible (études d'observation), relevé d'un niveau : associations très cohérentes avec une relation dose-réponse, alors que le principal biais connu (les buveurs de café ont longtemps été plus souvent fumeurs) aurait dû masquer un bénéfice plutôt que le créer. Il n'est pas relevé davantage, car d'autres facteurs de confusion restent possibles.
Conclusion : les buveurs de café ont une mortalité plus faible. Le café est probablement compatible avec une bonne santé à long terme, sans preuve qu'il allonge la vie.
Source(s)
- Poole et al., 2017 — BMJ (revue parapluie, 201 méta-analyses) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29167102/
Diabète de type 2 Grade B
C'est le résultat le plus cohérent :
- une méta-analyse de 28 études prospectives (1 109 272 participants, 45 335 cas de diabète) trouve un risque de diabète de type 2 de plus en plus faible avec le nombre de tasses : environ 8 % de moins pour 1 tasse par jour, 21 % pour 3 tasses et 33 % pour 6 tasses, par rapport à une consommation nulle ou rare ;
- l'association concerne aussi le café décaféiné (environ 6 % de risque en moins par tasse quotidienne, contre 9 % pour le café caféiné), ce qui suggère que la caféine n'explique pas tout ;
- une méta-analyse plus récente (30 études, 1 185 210 participants) trouve un risque inférieur d'environ 29 % chez les plus gros consommateurs, de façon cohérente en Europe, aux États-Unis et en Asie.
Aucun essai de longue durée n'a montré que boire du café prévient le diabète.
Pourquoi ce grade ? Point de départ faible (cohortes), relevé d'un niveau : relation dose-réponse nette et résultats concordants dans toutes les régions du monde, y compris pour le décaféiné.
Conclusion : une association solide avec un risque plus faible de diabète de type 2, sans preuve qu'il s'agisse d'un effet de cause à effet.
Source(s)
- Ding et al., 2014 — Diabetes Care (méta-analyse, 28 études prospectives) : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3898757/
- Carlström et Larsson, 2018 — Nutr Rev (méta-analyse, 30 études prospectives) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29590460/
Maladies cardiovasculaires Grade C
Les résultats sont favorables dans l'ensemble, mais pas uniformes :
- dans la revue parapluie du BMJ, 3 à 4 tasses par jour sont associées à un risque de maladie cardiovasculaire inférieur d'environ 15 % (risque relatif de 0,85) ;
- une méta-analyse de 2026 (38 études, plus de 2,8 millions de participants) ne trouve pas d'association avec la maladie coronarienne ni l'insuffisance cardiaque, une association favorable pour l'AVC et les troubles du rythme cardiaque, mais une association défavorable avec l'infarctus chez les gros consommateurs ;
- une méta-analyse plus ancienne sur l'infarctus montre que cette hausse du risque (au-delà de 3 à 4 tasses par jour) apparaît surtout dans les études cas-témoins (plus sujettes aux biais), mais pas dans les cohortes.
Pourquoi ce grade ? Point de départ faible (études d'observation), non relevé : résultats divergents selon l'événement cardiovasculaire (favorables pour l'AVC, défavorables pour l'infarctus dans certaines analyses), avec une forte hétérogénéité.
Conclusion : une consommation modérée n'apparaît pas néfaste pour le cœur, et probablement favorable pour certains critères. Le signal sur l'infarctus aux fortes consommations ne doit pas être ignoré, même s'il vient surtout d'études fragiles.
Source(s)
- Poole et al., 2017 — BMJ : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29167102/
- Méta-analyse de 2026 sur le café et les maladies cardiovasculaires (38 études) — BMC Cardiovasc Disord : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42098622/
- Mo et al., 2018 — Oncotarget (café et infarctus, 17 études) : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5940396/
Pression artérielle : pas d'effet durable notable Grade B
La caféine fait monter la tension de façon passagère : chez des personnes hypertendues, 200 à 300 mg de caféine augmentent la pression d'environ 8 mmHg pour la systolique (le chiffre le plus haut) et 6 mmHg pour la diastolique (le chiffre le plus bas), pendant au moins 3 heures.
Sur le long terme, l'effet du café est faible :
- dans une méta-analyse d'essais randomisés, la caféine seule augmentait la pression systolique d'environ 4 mmHg, mais le café seulement d'environ 1,2 mmHg, sans effet significatif sur la diastolique ;
- une méta-analyse d'essais et de cohortes ne trouve pas d'effet significatif de la consommation habituelle de café sur la tension ni sur l'apparition d'une hypertension.
Pourquoi ce grade ? Point de départ élevé (méta-analyses d'essais randomisés), abaissé d'un niveau : essais de courte durée et résultats variables selon qu'ils testent le café ou la caféine.
Conclusion : une hausse passagère de la tension est possible, mais la consommation habituelle de café ne semble pas augmenter durablement le risque d'hypertension.
Source(s)
- Noordzij et al., 2005 — J Hypertens (méta-analyse d'essais randomisés) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15834273/
- Steffen et al., 2012 — J Hypertens (méta-analyse d'essais et de cohortes) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23032138/
- Mesas et al., 2011 — Am J Clin Nutr (café chez les personnes hypertendues) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21880846/
Maladie de Parkinson Grade B
- Une méta-analyse de 13 études (901 764 participants) trouve une association la plus favorable autour de 3 tasses par jour : risque de maladie de Parkinson inférieur d'environ 28 %, après prise en compte du tabagisme. La caféine (toutes sources) suit une relation linéaire : environ 17 % de risque en moins par tranche de 200 mg par jour.
- Une autre méta-analyse de 26 études trouve une association similaire (environ 25 % de risque en moins), avec des résultats peu variables d'une cohorte à l'autre ; ses auteurs jugent qu'elle s'explique difficilement par des biais.
Pourquoi ce grade ? Point de départ faible (études d'observation), relevé d'un niveau : relation dose-réponse et résultats très cohérents entre les cohortes.
Conclusion : une association favorable cohérente, mais le café ne peut pas être présenté comme un moyen démontré de prévenir ou de traiter la maladie de Parkinson.
Source(s)
- Qi et Li, 2014 — Geriatr Gerontol Int (méta-analyse dose-réponse, 13 études) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23879665/
- Costa et al., 2010 — J Alzheimers Dis (méta-analyse, 26 études) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20182023/
Foie : stéatose et fibrose Grade C
La stéatose hépatique est une accumulation de graisse dans le foie. Elle peut évoluer vers une fibrose (une cicatrisation du foie), puis une cirrhose. Les données sur le café montrent deux résultats différents :
- le café n'est pas associé à un risque plus faible de développer une stéatose : dans une méta-analyse de 2021, le risque relatif est de 0,88, non significatif, aussi bien pour l'apparition de la maladie (3 études, 92 075 participants) que pour sa fréquence (8 études) ;
- en revanche, chez les personnes déjà atteintes, les buveurs de café ont un risque de fibrose importante inférieur d'environ 35 % (risque relatif de 0,65 ; 5 études, 4 303 participants), avec des résultats très homogènes ;
- une revue parapluie de la même année trouve le même schéma : pas d'association avec l'apparition de la stéatose dans la population générale (9 études, 147 875 participants), mais un risque de fibrose inférieur d'environ 33 % chez les malades.
Des associations favorables sont aussi rapportées pour la cirrhose.
Pourquoi ce grade ? Point de départ faible (études d'observation), non relevé : il s'agit surtout d'études transversales (une seule mesure dans le temps, qui ne permet pas de savoir ce qui vient en premier), même si les résultats sur la fibrose sont très cohérents.
Conclusion : le café ne semble pas prévenir la stéatose, mais il est associé à une fibrose moins sévère chez les personnes déjà atteintes. Ses auteurs rappellent que des essais sont nécessaires avant toute recommandation.
Source(s)
- Ebadi et al., 2021 — Nutrients (méta-analyse, 11 études) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34578919/
- Kositamongkol et al., 2021 — Front Pharmacol (revue parapluie et méta-analyse) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34966282/
- Kennedy et al., 2016 — Aliment Pharmacol Ther (café et cirrhose) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26556483/
Cancer Grade D
Une revue parapluie de 28 méta-analyses (36 associations, 26 localisations de cancer) trouve des preuves « fortement suggestives » d'une association inverse entre café et deux cancers seulement : le cancer du foie et le cancer de l'endomètre. Pour d'autres cancers (sein, côlon, poumon), le risque baisse avec la quantité de café, mais les résultats sont moins cohérents, avec des signes de biais. Pour le cancer de la vessie, d'anciennes études cas-témoins suggéraient au contraire un risque plus élevé.
Pour le cancer du foie (carcinome hépatocellulaire), une méta-analyse de 18 cohortes (2 272 642 participants) et 8 études cas-témoins trouve que deux tasses de plus par jour sont associées à un risque inférieur d'environ 35 %. L'association est plus faible dans les cohortes (environ 29 %) que dans les études cas-témoins, et plus faible pour le café décaféiné. Les auteurs eux-mêmes jugent la certitude très faible selon la méthode GRADE : absence d'essais, biais de publication possible, et définition variable du « café ».
Pourquoi ce grade ? Nous reprenons l'évaluation des auteurs de la méta-analyse sur le cancer du foie : certitude très faible. Pour les autres cancers, les données sont encore moins cohérentes.
Conclusion : le café est associé à un risque plus faible de cancer du foie et de l'endomètre, mais il est inexact de dire qu'il « protège contre le cancer ».
Source(s)
- Zhao et al., 2020 — BMC Cancer (revue parapluie, 28 méta-analyses) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32024485/
- Kennedy et al., 2017 — BMJ Open (méta-analyse, cancer du foie) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28490552/
Performances sportives (caféine) Grade B
Cet effet tient à la caféine, et il est l'un des mieux étudiés en nutrition sportive :
- une revue parapluie de 21 méta-analyses conclut que la caféine améliore l'endurance aérobie, la force et l'endurance musculaires, la puissance et les sauts, avec des effets modestes et une qualité de preuves généralement modérée ;
- en endurance, une méta-analyse de 46 essais trouve une amélioration d'environ 2 % du temps de course contre la montre, et d'environ 3 % de la puissance moyenne, avec des doses de 3 à 6 mg par kilo. Mais la réponse varie d'une personne à l'autre : dans 2 essais, la performance était même moins bonne avec la caféine ;
- une méta-analyse de 2026 (48 essais, 689 participants) montre que des doses faibles (1,3 à 3 mg par kilo) améliorent déjà la performance en endurance, et que les doses modérées (4 à 6 mg par kilo) donnent un effet plus régulier ;
- en musculation, une méta-analyse de 2025 (12 essais, 230 participants) trouve une meilleure vitesse d'exécution et une plus grande puissance, surtout chez les hommes et chez les personnes qui consomment peu de caféine habituellement.
Pourquoi ce grade ? Point de départ élevé (essais randomisés contre placebo), abaissé d'un niveau : effets modestes, réponses très variables d'une personne à l'autre, et essais testant la caféine en gélule plutôt que le café (preuve indirecte pour la boisson).
Conclusion : la caféine améliore réellement certaines performances, même à faible dose. Le café en est une source pratique, mais sa teneur en caféine est beaucoup moins précise qu'un complément dosé.
Source(s)
- Grgic et al., 2019 — Br J Sports Med (revue parapluie, 21 méta-analyses) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30926628/
- Southward et al., 2018 — Sports Med (méta-analyse, 46 essais en endurance) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29876876/
- Méta-analyse dose-réponse de 2026 (48 essais, 689 participants) — Nutrients : https://doi.org/10.3390/nu18121989
- Méta-analyse de 2025 sur la caféine et la puissance en musculation (12 essais) — Front Nutr : https://doi.org/10.3389/fnut.2025.1686283
⚠️ Grade B — Point de vigilance : sommeil
Le grade indique ici la solidité des preuves concernant ce risque, pas sa gravité.
La caféine bloque les récepteurs de l'adénosine, une molécule qui favorise l'endormissement. Selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), une dose unique de 100 mg de caféine près de l'heure du coucher peut déjà retarder l'endormissement et raccourcir le sommeil chez certains adultes. La sensibilité varie beaucoup d'une personne à l'autre : l'heure de consommation compte autant que la quantité.
Pourquoi ce grade ? Effet évalué par l'EFSA à partir d'études chez l'homme, avec une forte variabilité individuelle : certitude modérée.
Conclusion : en cas de sommeil sensible, réserver le café au matin et au début de l'après-midi.
Source(s)
- EFSA — Caféine : https://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/caffeine
⚠️ Grade C — Point de vigilance : grossesse
Le grade indique ici la solidité des preuves concernant ce risque, pas sa gravité.
La revue parapluie du BMJ identifie la grossesse comme la principale exception au profil favorable du café. Deux méta-analyses d'études prospectives précisent les risques :
- chaque tranche de 100 mg de caféine par jour (environ une tasse de café) est associée à un risque de faible poids de naissance supérieur d'environ 13 % (13 études) ;
- la même tranche de 100 mg par jour est associée à un risque de perte de grossesse (fausse couche ou mortinatalité) supérieur d'environ 7 %. Ses auteurs jugent ce résultat non concluant, mais estiment prudent d'éviter les fortes consommations.
Le seul essai randomisé (1 197 femmes) n'a pourtant trouvé aucun effet d'une réduction de la caféine sur le poids de naissance. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) considère qu'une consommation jusqu'à 200 mg de caféine par jour, toutes sources confondues, ne pose pas de problème pour le fœtus.
Pourquoi ce grade ? Associations concordantes et dose-dépendantes dans les études d'observation, mais non confirmées par le seul essai randomisé : certitude faible.
Conclusion : par précaution, ne pas dépasser 200 mg de caféine par jour pendant la grossesse.
Source(s)
- Chen et al., 2014 — BMC Med (caféine et faible poids de naissance, 13 études prospectives) : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4198801/
- Chen et al., 2016 — Public Health Nutr (caféine et perte de grossesse) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26329421/
- Poole et al., 2017 — BMJ : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29167102/
- Revue Cochrane sur la restriction de la caféine pendant la grossesse, 2015 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26058966/
- EFSA — Caféine : https://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/caffeine
Café, antioxydants et inflammation
Le café contient plusieurs centaines de composés, dont des polyphénols, et possède une activité antioxydante mesurable. Ces propriétés sont souvent avancées pour expliquer ses associations avec le diabète ou le foie. Mais une propriété antioxydante mesurée en laboratoire ne démontre pas un bénéfice pour la santé. Ce point n'est pas noté, faute d'étude isolant cet effet chez l'homme.
Café décaféiné : est-il aussi intéressant ?
Pour le diabète de type 2 et le cancer du foie, les associations favorables concernent aussi le café décaféiné, un peu moins nettement. Les effets du café ne se réduisent donc probablement pas à la caféine. En revanche, pour les performances sportives, c'est bien la caféine qui agit.
Café, sucre et calories
Un café noir sans sucre apporte très peu de calories. Les boissons à base de café très sucrées (sirops, crème, laits aromatisés) n'ont rien à voir avec le café étudié dans les cohortes : les résultats ne s'y appliquent pas.
Combien de café boire ?
Il n'existe pas de quantité optimale. Les associations les plus favorables apparaissent autour de 3 à 4 tasses par jour, mais ce n'est pas un objectif à atteindre. Mieux vaut raisonner en milligrammes de caféine, car la teneur d'une tasse varie beaucoup. L'EFSA considère que, chez l'adulte en bonne santé :
- jusqu'à 200 mg de caféine en une prise ne pose pas de problème de sécurité ;
- jusqu'à 400 mg par jour, toutes sources confondues, non plus ;
- pendant la grossesse, la limite est de 200 mg par jour.
Ce sont des repères de sécurité, pas des objectifs. Une personne qui dort mal avec 150 mg l'après-midi n'a aucun intérêt à aller jusqu'à 400 mg.
Source(s)
- EFSA — Caféine : https://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/caffeine
Précautions
Chez les personnes sensibles ou en cas de forte consommation, la caféine peut provoquer nervosité, anxiété, tremblements, palpitations, troubles digestifs, maux de tête et troubles du sommeil. La revue parapluie du BMJ signale aussi une association entre café et risque de fracture chez la femme, mais pas chez l'homme. Les personnes atteintes de certaines maladies cardiovasculaires, très sensibles à la caféine ou souffrant de troubles du sommeil peuvent avoir intérêt à réduire leur consommation, en lien avec leur médecin.
Ce qu'il faut retenir
| Effet | Grade | Fiabilité |
|---|---|---|
| Diabète de type 2 | Grade B | Certitude modérée : association dose-dépendante, y compris pour le décaféiné |
| Mortalité toutes causes | Grade B | Certitude modérée : environ 17 % de moins à 3-4 tasses par jour |
| Maladie de Parkinson | Grade B | Certitude modérée : association cohérente, maximale autour de 3 tasses |
| Pression artérielle | Grade B | Certitude modérée : hausse passagère, pas d'effet durable notable |
| Performances sportives (caféine) | Grade B | Certitude modérée : effets modestes, surtout en endurance |
| Maladies cardiovasculaires | Grade C | Certitude faible : globalement favorable, mais signal sur l'infarctus |
| Foie : stéatose et fibrose | Grade C | Certitude faible : pas de prévention de la stéatose, fibrose moins sévère chez les malades |
| Cancer (foie, endomètre) | Grade D | Certitude très faible selon les auteurs eux-mêmes |
| ⚠️ Sommeil | Grade B | Certitude modérée : 100 mg près du coucher peuvent suffire |
| ⚠️ Grossesse | Grade C | Certitude faible : 200 mg par jour au maximum par précaution |
Conclusion et recommandations
Les données donnent une image plutôt favorable du café. Contrairement à l'idée ancienne qu'il faudrait le limiter pour protéger son cœur, les grandes études associent une consommation modérée à un risque plus faible de diabète de type 2, de maladie de Parkinson et de mortalité, et ne montrent pas d'effet durable sur la tension.
Mais ces résultats viennent surtout d'études d'observation : le café est associé à une meilleure santé, il n'est pas démontré qu'il en soit la cause. Le principal compromis tient à la caféine : sommeil, sensibilité individuelle, grossesse.
Notre verdict
⭐⭐⭐⭐⭐
VERDICT GLOBAL : 5/5
Le café fait partie des boissons pour lesquelles les données sont globalement rassurantes, voire favorables. Une consommation modérée peut parfaitement s'intégrer dans une alimentation saine. Le verdict note l'intérêt global de la boisson, et non la solidité des preuves, déjà mesurée par les grades.
Notre recommandation : il n'est pas nécessaire de commencer à boire du café si l'on n'en consomme pas. Pour une personne qui l'apprécie, il n'y a pas de raison générale de l'éviter, à condition de surveiller la caféine (sommeil, grossesse) et de le boire peu sucré.
Comment consommer le café ?
- Peu sucré : le café noir ou peu sucré évite d'ajouter des calories.
- Le matin et en début d'après-midi si le sommeil est sensible.
- Sans chercher une dose précise : plus n'est pas mieux.
- Pour le sport : des doses faibles (1,3 à 3 mg de caféine par kilo, soit environ 100 à 240 mg pour 80 kg) suffisent déjà à améliorer l'endurance, et les doses modérées (4 à 6 mg par kilo) donnent un effet plus régulier, sans dépasser les repères de l'EFSA. La teneur d'une tasse étant très variable, il ne faut pas convertir mécaniquement une tasse en dose de caféine.
Références scientifiques
Santé globale et mortalité
- Poole R, Kennedy OJ, Roderick P, Fallowfield JA, Hayes PC, Parkes J. Coffee consumption and health: umbrella review of meta-analyses of multiple health outcomes. BMJ. 2017;359:j5024. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29167102/
Diabète de type 2
- Ding M, Bhupathiraju SN, Chen M, van Dam RM, Hu FB. Caffeinated and decaffeinated coffee consumption and risk of type 2 diabetes: a systematic review and a dose-response meta-analysis. Diabetes Care. 2014;37(2):569-586. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3898757/
- Carlström M, Larsson SC. Coffee consumption and reduced risk of developing type 2 diabetes: a systematic review with meta-analysis. Nutr Rev. 2018. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29590460/
Maladies cardiovasculaires et tension
- Méta-analyse de 2026 sur le café et les événements cardiovasculaires (38 études). BMC Cardiovasc Disord. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42098622/
- Mo L, Xie W, Pu X, Ouyang D. Coffee consumption and risk of myocardial infarction: a dose-response meta-analysis of observational studies. Oncotarget. 2018;9(30):21530-21540. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5940396/
- Noordzij M, Uiterwaal CSPM, Arends LR, Kok FJ, Grobbee DE, Geleijnse JM. Blood pressure response to chronic intake of coffee and caffeine: a meta-analysis of randomized controlled trials. J Hypertens. 2005;23(5):921-928. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15834273/
- Steffen M, et al. The effect of coffee consumption on blood pressure and the development of hypertension: a systematic review and meta-analysis. J Hypertens. 2012;30(12):2245-2254. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23032138/
- Mesas AE, et al. The effect of coffee on blood pressure and cardiovascular disease in hypertensive individuals: a systematic review and meta-analysis. Am J Clin Nutr. 2011;94(4):1113-1126. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21880846/
Maladie de Parkinson
- Qi H, Li S. Dose-response meta-analysis on coffee, tea and caffeine consumption with risk of Parkinson's disease. Geriatr Gerontol Int. 2014;14(2):430-439. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23879665/
- Costa J, Lunet N, Santos C, Santos J, Vaz-Carneiro A. Caffeine exposure and the risk of Parkinson's disease: a systematic review and meta-analysis of observational studies. J Alzheimers Dis. 2010;20 Suppl 1:S221-238. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20182023/
Foie et cancer
- Kennedy OJ, Roderick P, Buchanan R, Fallowfield JA, Hayes PC, Parkes J. Coffee, including caffeinated and decaffeinated coffee, and the risk of hepatocellular carcinoma: a systematic review and dose-response meta-analysis. BMJ Open. 2017;7(5):e013739. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28490552/
- Kennedy OJ, et al. Systematic review with meta-analysis: coffee consumption and the risk of cirrhosis. Aliment Pharmacol Ther. 2016. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26556483/
- Ebadi M, Ip S, Bhanji RA, Montano-Loza AJ. Effect of coffee consumption on non-alcoholic fatty liver disease incidence, prevalence and risk of significant liver fibrosis: systematic review with meta-analysis of observational studies. Nutrients. 2021;13(9):3042. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34578919/
- Kositamongkol C, Kanchanasurakit S, Auttamalang C, et al. Coffee consumption and non-alcoholic fatty liver disease: an umbrella review and a systematic review and meta-analysis. Front Pharmacol. 2021;12:786596. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34966282/
- Zhao LG, Li ZY, Feng GS, et al. Coffee drinking and cancer risk: an umbrella review of meta-analyses of observational studies. BMC Cancer. 2020;20(1):101. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32024485/
Sport
- Grgic J, et al. Wake up and smell the coffee: caffeine supplementation and exercise performance — an umbrella review of 21 published meta-analyses. Br J Sports Med. 2019. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30926628/
- Southward K, Rutherfurd-Markwick KJ, Ali A. The effect of acute caffeine ingestion on endurance performance: a systematic review and meta-analysis. Sports Med. 2018;48(8):1913-1928. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29876876/
- Dose-response effect of oral caffeine use on aerobic exercise performance: a systematic review and meta-analysis. Nutrients. 2026;18(12):1989. https://doi.org/10.3390/nu18121989
- Effects of acute caffeine intake on muscular power during resistance exercise: a systematic review and meta-analysis. Front Nutr. 2025;12:1686283. https://doi.org/10.3389/fnut.2025.1686283
Caféine, sécurité et grossesse
- EFSA. Caféine. https://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/caffeine
- James JE. Maternal caffeine consumption and pregnancy outcomes: a narrative review with implications for advice to mothers and mothers-to-be. BMJ Evid Based Med. 2021. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8165152/
- Jahanfar S, Jaafar SH. Effects of restricted caffeine intake by mother on fetal, neonatal and pregnancy outcomes. Cochrane Database Syst Rev. 2015;(6):CD006965. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26058966/
- Chen LW, Wu Y, Neelakantan N, Chong MF, Pan A, van Dam RM. Maternal caffeine intake during pregnancy is associated with risk of low birth weight: a systematic review and dose-response meta-analysis. BMC Med. 2014;12:174. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4198801/
- Chen LW, Wu Y, Neelakantan N, Chong MF, Pan A, van Dam RM. Maternal caffeine intake during pregnancy and risk of pregnancy loss: a categorical and dose-response meta-analysis of prospective studies. Public Health Nutr. 2016;19(7):1233-1244. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26329421/
Cet article a un but informatif et ne remplace pas un avis médical individualisé. Il a été rédigé avec l'assistance de l'intelligence artificielle, à partir des études scientifiques référencées, puis relu et validé par la rédaction. Pour tout signalement d'erreur, contactez-nous à contact@sciencetruths.com.