Très pauvre en glucides (sucres et féculents), riche en graisses, le régime cétogène (ou « keto ») est présenté comme une méthode miracle pour maigrir, contrôler son diabète, protéger son cerveau, voire combattre le cancer. Il a pourtant une origine médicale précise : il est utilisé depuis longtemps pour traiter certaines épilepsies de l'enfant.
Ce qu'il faut distinguer, c'est le traitement médical supervisé de quelques maladies, et la méthode que l'on suit seul chez soi pour perdre du poids. Les données sont très différentes, et la littérature scientifique mélange souvent ces situations.
Effet le mieux établi : une perte de poids comparable à celle d'autres régimes, sans avantage net à long terme Grade B
Aucun effet du régime cétogène n'atteint une certitude élevée. Son usage médical le mieux étayé concerne l'épilepsie pharmacorésistante de l'enfant, avec une certitude faible. Le principal point de vigilance concerne les personnes traitées pour un diabète, notamment par des médicaments de type SGLT2.
Comment sont attribués les grades ?
Nos grades suivent la méthode GRADE (Grading of Recommendations, Assessment, Development and Evaluation), le système de référence international utilisé notamment par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et la collaboration Cochrane. Il mesure le niveau de confiance que l'on peut avoir dans un effet, à partir de l'ensemble des études disponibles.
| Grade | Certitude | Signification |
|---|---|---|
| Grade A | Élevée | Nous sommes très confiants : l'effet réel est proche de l'effet observé |
| Grade B | Modérée | L'effet réel est probablement proche de l'effet observé, mais pourrait être sensiblement différent |
| Grade C | Faible | Confiance limitée : l'effet réel pourrait être sensiblement différent |
| Grade D | Très faible | Très peu de confiance : l'effet réel est probablement très différent |
| {{-}} | Non évaluable | Aucune donnée chez l'homme (uniquement cellules ou animaux) |
Comment le grade est-il fixé ? Le point de départ dépend du type d'études : les essais randomisés (participants répartis au hasard) partent d'une certitude élevée, les études observationnelles (comme les cohortes) d'une certitude faible. Le grade est ensuite abaissé en cas de défauts méthodologiques, de résultats contradictoires, de preuves indirectes (régimes pauvres en glucides en général plutôt que cétogènes, population très différente), de trop petits effectifs ou de suspicion que des études négatives n'aient pas été publiées. Il peut être relevé pour des études observationnelles en cas d'effet très important ou d'effet qui augmente avec la quantité consommée.
Le grade mesure la solidité des preuves, pas l'importance de l'effet ni sa dangerosité.
À savoir avant de lire :
- Le régime cétogène apporte en général moins de 50 g de glucides par jour (ou moins de 10 % de l'énergie), environ 70 à 80 % de l'énergie sous forme de lipides et des protéines modérées. Le foie fabrique alors des corps cétoniques (ou cétones) à partir des graisses, utilisés comme carburant : c'est la cétose.
- Un régime pauvre en glucides (« low-carb ») est moins strict : moins de 130 g par jour. Beaucoup d'études mélangent les deux, ce qui est précisé à chaque fois.
- Pour l'épilepsie, on parle de régime cétogène classique (ratio de 4 g de lipides pour 1 g de glucides et protéines), ou de versions moins strictes comme le régime Atkins modifié.
- Une étude de cohorte suit de très grands groupes de personnes pendant des années, en observant ce qu'elles mangent et qui tombe malade. Elle montre une association, pas une cause.
Perte de poids Grade B
C'est la raison principale de la popularité du régime cétogène. Les données montrent qu'il fait maigrir, comme la plupart des régimes, mais pas qu'il fait mieux que les autres.
- La revue Cochrane de 2022 (61 essais randomisés, 6 925 personnes en surpoids ou obèses) a comparé des régimes pauvres en glucides à des régimes « équilibrés » (45 à 65 % de glucides) conçus pour maigrir. Elle conclut qu'il n'y a probablement pas ou peu de différence de perte de poids, à court terme (3 à 8,5 mois) comme à long terme (1 à 2 ans), ni sur la pression artérielle, le LDL-cholestérol ou l'HbA1c (un reflet de la glycémie moyenne sur trois mois). Les écarts moyens restent de l'ordre de 1 kg. Dans le sous-groupe des régimes très pauvres en glucides, l'écart atteint environ 2 kg entre 3 et 12 mois.
- Une méta-analyse (qui regroupe les résultats de plusieurs essais) de 2013 sur des régimes cétogènes (13 essais, 1 415 personnes, au moins 12 mois) trouve une perte de poids un peu plus importante qu'avec un régime pauvre en graisses : environ 0,9 kg de plus.
- Les essais sont de petite taille, non réalisables en aveugle (on sait ce qu'on mange), avec beaucoup d'abandons : aucun n'a été jugé à faible risque de biais dans la revue Cochrane.
Pourquoi ce grade ? Point de départ élevé (méta-analyses d'essais randomisés aux résultats concordants), abaissé d'un niveau : aucun essai à faible risque de biais, avec de nombreux abandons.
Conclusion : le régime cétogène fait perdre du poids, avec un petit avantage possible à court terme, sans supériorité nette à un an ou plus par rapport à d'autres régimes. Le meilleur régime est celui qu'on peut tenir.
Source(s)
- Naude et al., 2022 — Cochrane Database Syst Rev (61 essais, 6 925 participants) : https://doi.org/10.1002/14651858.CD013334.pub2
- Bueno et al., 2013 — Br J Nutr (méta-analyse, régime cétogène contre régime pauvre en graisses) : https://doi.org/10.1017/S0007114513000548
Diabète de type 2 Grade C
Dans le diabète de type 2, une méta-analyse de 2021 (23 essais randomisés, 1 357 personnes) a regroupé des régimes pauvres en glucides (moins de 130 g par jour) et très pauvres en glucides, c'est-à-dire cétogènes (la moitié des essais environ). À 6 mois, comparés à des régimes témoins (surtout pauvres en graisses) :
- 57 % des participants avaient une HbA1c inférieure à 6,5 % (le seuil de rémission), contre 31 % ;
- mais lorsqu'on exige en plus l'arrêt des médicaments du diabète, les écarts deviennent plus petits et non significatifs ;
- le poids, les triglycérides et la sensibilité à l'insuline s'étaient améliorés ;
- à 12 mois, les données sont rares et les bénéfices s'atténuent, avec une dégradation (non significative) de la qualité de vie et du LDL-cholestérol ;
- les régimes cétogènes étaient moins efficaces que les régimes pauvres en glucides moins stricts, un résultat attribué à une moins bonne observance (ils sont plus difficiles à suivre).
Seuls 40,6 % des critères étudiés étaient jugés à faible risque de biais.
Pourquoi ce grade ? Point de départ élevé (méta-analyse d'essais randomisés), abaissé de deux niveaux : risque de biais fréquent, et résultats peu précis et qui s'estompent à 12 mois (la rémission sans médicament n'est pas démontrée).
Conclusion : un régime pauvre en glucides peut améliorer le contrôle de la glycémie à court terme dans le diabète de type 2. Les auteurs recommandent de le suivre avec un contrôle des médicaments par le médecin. Rien ne montre un bénéfice durable du régime strictement cétogène.
Source(s)
- Goldenberg et al., 2021 — BMJ (23 essais randomisés, 1 357 participants) : https://doi.org/10.1136/bmj.m4743
Cholestérol et risque cardiovasculaire Grade C
Les régimes cétogènes modifient les graisses du sang de façon contrastée :
- selon la méta-analyse de 2013, comparés à un régime pauvre en graisses, ils font baisser les triglycérides (environ 0,18 mmol/L) et la pression diastolique (environ 1,4 mmHg), et augmentent le HDL-cholestérol (le « bon », environ 0,09 mmol/L), mais aussi le LDL-cholestérol (le « mauvais », environ 0,12 mmol/L, soit environ 4,6 mg/dL) ;
- dans la méta-analyse sur le diabète, le LDL tend à augmenter à 12 mois (non significatif) ;
- la revue Cochrane trouve en revanche peu de différence de LDL avec des régimes équilibrés, mais met en garde les personnes ayant des troubles des lipides et une réponse variable des lipoprotéines.
Aucune de ces études n'a mesuré d'infarctus ou d'AVC : on ignore ce que ces variations signifient à long terme.
Pourquoi ce grade ? Point de départ élevé (méta-analyses d'essais randomisés), abaissé de deux niveaux : résultats divergents selon la comparaison (hausse du LDL contre pas de différence), et uniquement des marqueurs sanguins, sans événement cardiovasculaire (preuve indirecte).
Conclusion : une baisse des triglycérides et une hausse du HDL, mais une hausse possible du LDL, avec une réponse variable selon les personnes. À surveiller par une prise de sang, surtout en cas de cholestérol élevé.
Source(s)
- Bueno et al., 2013 — Br J Nutr : https://doi.org/10.1017/S0007114513000548
- Goldenberg et al., 2021 — BMJ : https://doi.org/10.1136/bmj.m4743
- Naude et al., 2022 — Cochrane Database Syst Rev : https://doi.org/10.1002/14651858.CD013334.pub2
Mortalité à long terme Grade D
Aucun essai n'a suivi des personnes cétogènes pendant des années. Les cohortes portent sur des régimes pauvres en glucides moins stricts. Dans l'étude américaine ARIC (15 428 adultes suivis environ 25 ans, 6 283 décès), la mortalité suit une courbe en U : la plus faible se situe entre 50 et 55 % de l'énergie sous forme de glucides. Dans une méta-analyse avec sept autres cohortes (432 179 participants, 40 181 décès), consommer moins de 40 % de glucides était associé à une mortalité supérieure d'environ 20 % (risque relatif de 1,20) à une consommation modérée, et plus de 70 % à une mortalité supérieure d'environ 23 %.
La source des graisses et des protéines compte : remplacer les glucides par des protéines et des graisses animales était associé à une mortalité plus élevée (+18 %), par des protéines et des graisses végétales à une mortalité plus faible (−18 %).
Ces régimes à moins de 40 % de glucides restent beaucoup moins stricts qu'un régime cétogène.
Pourquoi ce grade ? Point de départ faible (cohortes), abaissé d'un niveau : régimes pauvres en glucides plutôt que cétogènes (preuve indirecte), avec un mode de vie des consommateurs probablement différent.
Conclusion : aucune donnée ne permet de dire si le régime cétogène suivi pendant des années est sûr ou non. Quand on réduit les glucides, la qualité des graisses et des protéines compte.
Source(s)
- Seidelmann et al., 2018 — Lancet Public Health (cohorte ARIC et méta-analyse) : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6339822/
Épilepsie pharmacorésistante Grade C
C'est l'indication médicale la mieux étayée. La revue Cochrane de 2020 (13 essais randomisés, 932 participants : 711 enfants et 221 adultes, essais de 2 à 16 mois) conclut :
- chez l'enfant, par rapport aux soins habituels, le régime cétogène multiplie par environ 3 la probabilité d'être sans crise (risque relatif de 3,16, certitude très faible) et par environ 6 celle de réduire les crises d'au moins la moitié (risque relatif de 5,80, certitude faible) ;
- chez l'adulte, aucun participant n'est devenu sans crise, et l'amélioration (réduction d'au moins 50 % des crises) n'est pas significative ;
- les effets indésirables les plus fréquents sont les vomissements, la constipation et la diarrhée (certitude faible) ;
- les 13 essais présentent un risque élevé de biais, car il est impossible de les mener en aveugle.
La plupart des essais ont exclu les personnes ayant des troubles du métabolisme, des maladies neurodégénératives, des troubles des lipides ou une maladie rénale, ainsi que les femmes enceintes : la sécurité du régime dans ces situations n'est pas connue.
Pourquoi ce grade ? Point de départ élevé (essais randomisés), abaissé de deux niveaux : risque élevé de biais (absence d'aveugle) et peu de participants par comparaison.
Conclusion : un traitement possible de l'épilepsie résistante aux médicaments chez l'enfant, qui doit être mis en place et suivi par une équipe médicale (neurologue et diététicien), jamais en autonomie.
Source(s)
- Martin-McGill et al., 2020 — Cochrane Database Syst Rev (13 essais, 932 participants) : https://doi.org/10.1002/14651858.CD001903.pub5
Cancer Grade D
Le régime cétogène est parfois présenté comme un moyen d'« affamer » les tumeurs en les privant de glucose. Cette idée vient surtout d'études en laboratoire. Une revue systématique de 39 études (770 patients) sur le régime cétogène chez des personnes atteintes de cancer conclut :
- que la plupart des études sont de faible qualité, avec un risque élevé de biais et des résultats très hétérogènes ;
- qu'il n'existe aucune preuve concluante d'un effet antitumoral ni d'une amélioration de la survie ;
- que la plupart des patients perdaient du poids, avec des effets indésirables légers à modérés, et que l'observance était souvent faible.
Pourquoi ce grade ? Point de départ élevé (essais), abaissé de trois niveaux : très peu d'essais randomisés, études de faible qualité et hétérogènes, et aucun résultat clinique concluant.
Conclusion : aucun effet anticancer n'est démontré chez l'homme. Une personne atteinte d'un cancer ne doit jamais modifier son alimentation seule, car une perte de poids non voulue peut être dangereuse.
Source(s)
- Römer et al., 2021 — Clin Exp Med (revue systématique, 39 études) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33813635/
Mémoire, maladie d'Alzheimer et maladie de Parkinson Grade D
Le cerveau peut utiliser les corps cétoniques comme carburant, d'où l'hypothèse que le régime cétogène protège les neurones. Une revue systématique de 2023 a recensé 18 essais (10 sur la maladie d'Alzheimer, 3 sur les troubles cognitifs légers, 5 sur la maladie de Parkinson). Ces essais testent souvent des suppléments de cétones ou de triglycérides à chaîne moyenne (MCT), pas seulement le régime. Les auteurs y voient une amélioration probable de la cognition chez les personnes atteintes de troubles cognitifs légers ou d'Alzheimer léger à modéré sans le gène de risque APOE4, et une efficacité non prouvée chez celles qui le portent. Pour la maladie de Parkinson, les essais sont très peu nombreux.
Pourquoi ce grade ? Point de départ élevé (essais), abaissé de trois niveaux : essais petits, hétérogènes, souvent avec des suppléments plutôt qu'avec le régime (preuve indirecte), et résultats différents selon le profil génétique.
Conclusion : une piste de recherche, mais aucune preuve que le régime cétogène protège la mémoire ou soigne une maladie neurodégénérative.
Source(s)
- Ketogenic interventions in mild cognitive impairment, Alzheimer's disease, and Parkinson's disease: a systematic review and critical appraisal, 2023 — Front Neurol : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9947355/
Sport d'endurance Grade C
L'idée est que le corps, « adapté » aux graisses, ménagerait ses réserves de glucides. Un essai randomisé de référence a suivi des marcheurs de très haut niveau pendant 3 semaines d'entraînement intensif : un groupe riche en glucides (9 athlètes), un groupe alternant périodes riches et pauvres en glucides (10) et un groupe cétogène (10, moins de 50 g de glucides par jour, 78 % de l'énergie en lipides). Le régime cétogène a fortement augmenté l'utilisation des graisses, et la consommation maximale d'oxygène a augmenté dans les trois groupes. Mais il a annulé le bénéfice de l'entraînement sur la performance : l'économie de course (l'oxygène nécessaire pour aller à une vitesse donnée) s'est dégradée.
Une revue de 2021 sur le sujet ne retrouve pas d'avantage de performance d'un régime cétogène chez les athlètes d'endurance.
Pourquoi ce grade ? Point de départ élevé (essai randomisé), abaissé de deux niveaux : seulement 29 athlètes, tous marcheurs de haut niveau, avec 3 semaines d'adaptation.
Conclusion : aucun avantage démontré pour la performance, et une dégradation possible de l'efficacité à haute intensité chez des athlètes d'élite.
Source(s)
- Burke et al., 2017 — J Physiol (régime cétogène chez des marcheurs de haut niveau) : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5407976/
- Burke, 2021 — J Physiol (revue sur les régimes cétogènes et l'endurance) : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7891323/
⚠️ Grade D — Point de vigilance : diabète traité par médicaments (SGLT2, insuline, sulfamides)
Le grade indique ici la solidité des preuves concernant ce risque, pas sa gravité.
- Les médicaments de la famille des SGLT2 (comme l'empagliflozine ou la canagliflozine) font eux-mêmes monter la production de cétones. Combinés à un régime cétogène, ils peuvent provoquer une acidocétose euglycémique : une complication grave où le sang devient acide alors que la glycémie reste normale ou à peine élevée. Une revue de 13 cas rapportés (14 patients, 85 % de diabétiques de type 2) montre que dans la plupart des cas l'hospitalisation survient moins de 4 semaines après le début du régime. Les auteurs recommandent d'éviter le régime cétogène chez les patients traités par SGLT2.
- Pour les autres traitements du diabète, notamment l'insuline et certains médicaments qui font baisser la glycémie, les auteurs de la méta-analyse sur le diabète recommandent que le traitement soit surveillé et ajusté par le médecin pendant un régime pauvre en glucides.
Pourquoi ce grade ? Le risque repose sur des cas cliniques et sur un mécanisme plausible, sans étude contrôlée : certitude très faible, mais risque grave justifiant la prudence.
Conclusion : ne jamais commencer un régime cétogène sans avis médical si vous êtes traité pour un diabète.
Source(s)
- Dietary changes leading to euglycemic diabetic ketoacidosis in SGLT2 inhibitor users, 2022 (13 cas rapportés) : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9708850/
- Euglycemic diabetic ketoacidosis caused by SGLT2 inhibitors and a ketogenic diet: a case series and review of literature, 2021 — AACE Clin Case Rep : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7924151/
- Goldenberg et al., 2021 — BMJ : https://doi.org/10.1136/bmj.m4743
Effets secondaires et précautions
- Digestion : vomissements, constipation et diarrhée sont les effets indésirables les plus fréquents dans les essais sur l'épilepsie.
- Observance : le régime cétogène est difficile à tenir : dans la méta-analyse sur le diabète, les versions les plus strictes donnaient de moins bons résultats à cause d'une moins bonne observance.
- Cholestérol : une hausse du LDL est possible, avec une réponse variable d'une personne à l'autre. Un contrôle sanguin est utile, surtout en cas de cholestérol élevé.
- Situations non étudiées : les essais ont exclu les femmes enceintes, les personnes ayant une maladie rénale, des troubles des lipides ou des maladies du métabolisme. Dans ces situations, demandez l'avis de votre médecin avant de commencer.
Source(s)
- Martin-McGill et al., 2020 — Cochrane Database Syst Rev : https://doi.org/10.1002/14651858.CD001903.pub5
- Goldenberg et al., 2021 — BMJ : https://doi.org/10.1136/bmj.m4743
Ce qu'il faut retenir
| Effet | Grade | Fiabilité |
|---|---|---|
| Perte de poids (comparée aux autres régimes) | Grade B | Certitude modérée : pas de supériorité nette, écarts de l'ordre de 1 kg |
| Diabète de type 2 (régimes pauvres en glucides) | Grade C | Certitude faible : amélioration à 6 mois, qui s'atténue à 12 mois |
| Cholestérol et risque cardiovasculaire | Grade C | Certitude faible : triglycérides en baisse, LDL possiblement en hausse |
| Mortalité à long terme (régimes pauvres en glucides) | Grade D | Certitude très faible : cohortes sur des régimes moins stricts |
| Épilepsie pharmacorésistante (enfant) | Grade C | Certitude faible : bénéfice possible, sous suivi médical |
| Cancer | Grade D | Certitude très faible : aucune preuve d'effet antitumoral |
| Mémoire, Alzheimer, Parkinson | Grade D | Certitude très faible : petits essais, souvent avec des suppléments |
| Sport d'endurance | Grade C | Certitude faible : pas d'avantage, économie de course dégradée |
| ⚠️ Diabète traité par médicaments (SGLT2…) | Grade D | Certitude très faible : cas cliniques, mais risque grave |
Conclusion et recommandations
Le régime cétogène n'est ni une mode sans fondement, ni une méthode miracle. C'est un traitement médical de l'épilepsie résistante de l'enfant, qui fonctionne mieux dans un cadre médical strict. Pour maigrir, il donne des résultats comparables à ceux d'autres régimes, sans avantage net à un an. Dans le diabète de type 2, il peut améliorer la glycémie à court terme, avec un risque d'interactions graves avec certains médicaments. Pour le cancer, la mémoire, le sport ou la longévité, rien n'est démontré.
Ce que les données soutiennent le mieux est plus modeste : le meilleur régime est celui qu'on peut suivre dans la durée, avec des aliments variés, et la source des graisses et des protéines compte.
Notre verdict
⭐⭐☆☆☆
VERDICT GLOBAL : 2/5
Une note qui reflète le régime cétogène pour une personne en bonne santé qui veut maigrir ou « optimiser » sa santé : pas de supériorité démontrée sur d'autres régimes, une observance difficile, un LDL possiblement plus élevé et aucune donnée sur la sécurité à long terme. Pour l'épilepsie de l'enfant résistante aux médicaments, c'est un traitement possible, sous contrôle médical strict.
Notre recommandation : ne pas démarrer un régime cétogène seul si vous prenez un traitement pour le diabète, si vous avez une maladie rénale, un cholestérol élevé, si vous êtes enceinte, ou pour un enfant. Si vous voulez simplement manger moins de glucides, privilégiez des graisses et des protéines d'origine végétale (légumes, noix, légumineuses, poissons), et demandez l'avis d'un médecin ou d'un diététicien.
En pratique
Les essais utilisent des régimes qui limitent les glucides à moins de 50 g par jour (soit la quantité d'environ une demi-baguette). Sont exclus : céréales, pain, pâtes, riz, légumineuses, pommes de terre, fruits (sauf en petite quantité), sucres. Sont autorisés : viandes, poissons, œufs, fromages, huiles, légumes peu glucidiques, fruits à coque. Un régime cétogène bien mené nécessite un suivi (analyses de sang, contrôle des médicaments), qu'un site d'information ne peut pas remplacer.
Références scientifiques
Perte de poids
- Naude CE, Brand A, Schoonees A, Nguyen KA, Chaplin M, Volmink J. Low-carbohydrate versus balanced-carbohydrate diets for reducing weight and cardiovascular risk. Cochrane Database Syst Rev. 2022;1:CD013334. https://doi.org/10.1002/14651858.CD013334.pub2
- Bueno NB, de Melo ISV, de Oliveira SL, da Rocha Ataide T. Very-low-carbohydrate ketogenic diet v. low-fat diet for long-term weight loss: a meta-analysis of randomised controlled trials. Br J Nutr. 2013;110(7):1178-1187. https://doi.org/10.1017/S0007114513000548
Diabète de type 2
- Goldenberg JZ, Day A, Brinkworth GD, et al. Efficacy and safety of low and very low carbohydrate diets for type 2 diabetes remission: systematic review and meta-analysis of published and unpublished randomized trial data. BMJ. 2021;372:m4743. https://doi.org/10.1136/bmj.m4743
Mortalité
- Seidelmann SB, Claggett B, Cheng S, et al. Dietary carbohydrate intake and mortality: a prospective cohort study and meta-analysis. Lancet Public Health. 2018;3(9):e419-e428. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6339822/
Épilepsie
- Martin-McGill KJ, Bresnahan R, Levy RG, Cooper PN. Ketogenic diets for drug-resistant epilepsy. Cochrane Database Syst Rev. 2020;6:CD001903. https://doi.org/10.1002/14651858.CD001903.pub5
Cancer
- Römer M, Dörfler J, Huebner J. The use of ketogenic diets in cancer patients: a systematic review. Clin Exp Med. 2021. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33813635/
Maladies neurodégénératives
- Ketogenic interventions in mild cognitive impairment, Alzheimer's disease, and Parkinson's disease: a systematic review and critical appraisal. Front Neurol. 2023;14:1123290. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9947355/
Sport
- Burke LM, Ross ML, Garvican-Lewis LA, et al. Low carbohydrate, high fat diet impairs exercise economy and negates the performance benefit from intensified training in elite race walkers. J Physiol. 2017;595(9):2785-2807. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5407976/
- Burke LM. Ketogenic low-CHO, high-fat diet: the future of elite endurance sport? J Physiol. 2021. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7891323/
Sécurité (médicaments du diabète)
- Dietary changes leading to euglycemic diabetic ketoacidosis in sodium-glucose cotransporter-2 inhibitor users: a challenge for primary care physicians? 2022. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9708850/
- Euglycemic diabetic ketoacidosis caused by SGLT2 inhibitors and a ketogenic diet: a case series and review of literature. AACE Clin Case Rep. 2021. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7924151/
Cet article a un but informatif et ne remplace pas un avis médical individualisé. Il a été rédigé avec l'assistance de l'intelligence artificielle, à partir des études scientifiques référencées, puis relu et validé par la rédaction. Pour tout signalement d'erreur, contactez-nous à contact@sciencetruths.com.