← Retour à la recherche

Huiles minérales (MOSH et MOAH)

— recevez chaque lundi par e-mail les nouvelles études sur Huiles minérales (MOSH et MOAH).

Contaminants alimentaires

Mélanges de composés dérivés du pétrole ou de sources similaires, regroupés en deux familles : les hydrocarbures saturés (MOSH) et les hydrocarbures aromatiques (MOAH). Ils peuvent se retrouver dans les aliments par migration depuis les emballages en carton recyclé, les encres d'imprimerie, les huiles lubrifiantes utilisées lors de la production, ou certains procédés agricoles comme l'enrobage des grains.

Études scientifiques (5)

Carte des preuves

5études
  • Niveau 1 · méta-analyses d’essais : 1 (20 %)
  • Niveau 4 · études transversales, cas : 2 (40 %)
  • Niveau 5 · revues narratives et mécanistiques : 2 (40 %)

Ces fiches sont générées par IA à partir des abstracts : elles aident à repérer et trier les études, l'étude originale reste la référence. Seules les études menées chez l'homme sont retenues : les résultats obtenus sur des cellules ou des animaux ne se confirment le plus souvent pas chez l'homme. Notre méthode →

Répartition par niveau de preuve (cliquez pour filtrer) · Comprendre les niveaux

Toutes (5)Niveau 1 : 1Niveau 4 : 2Niveau 5 : 2

Trier : plus récentes d'abord · plus anciennes d'abordExporter ces études : tableau de preuves (Excel) · importer dans Zotero, EndNote ou Mendeley

Niveau 1 — Revue systématique d'essais randomiséséquivalent HAS : 1

Europe PMC · 2020-10-06 · Olshansky B, Chung MK, Budoff MJ, Philip S, Jiao L, Doyle RT, Copland C, Giaquinto A, Juliano RA, Bhatt DL.

Résumé simplifié :

Cette étude analyse l'huile minérale, souvent utilisée comme placebo (produit neutre de comparaison) dans les essais cliniques, notamment dans le grand essai REDUCE-IT sur un médicament cardiovasculaire. Certains ont suggéré que les effets positifs observés pourraient venir des effets négatifs de l'huile minérale plutôt que du médicament lui-même. En examinant 80 études, les chercheurs montrent que l'huile minérale provoque surtout des effets digestifs légers (effet laxatif), sans modifier de façon significative le cholestérol, les triglycérides, la tension artérielle ou l'absorption des médicaments et nutriments essentiels. Ces résultats rassurent sur la fiabilité des conclusions de l'essai REDUCE-IT.

Résumé reformulé :

Cette revue de littérature examine la sécurité et les effets de l'huile minérale pharmaceutique utilisée comme placebo dans les essais cliniques, en particulier dans le contexte de l'essai REDUCE-IT qui a testé un traitement hypolipémiant (icosapent éthyl). Une controverse avait émergé suggérant que les bénéfices cardiovasculaires observés pourraient être partiellement dus à des effets délétères de l'huile minérale placebo plutôt qu'à l'efficacité réelle du médicament. En analysant 80 études ayant utilisé ce placebo, les auteurs constatent que les effets indésirables associés sont principalement gastro-intestinaux, cohérents avec son usage comme laxatif lubrifiant. Les variations observées sur les triglycérides, le LDL et HDL-cholestérol, la protéine C-réactive ou la pression artérielle restent généralement non significatives ou cliniquement négligeables. Aucune preuve cohérente n'indique que l'huile minérale, aux doses utilisées dans REDUCE-IT ou dans l'essai EVAPORATE, affecte l'absorption des nutriments essentiels ou des médicaments, y compris les statines. Les auteurs concluent que l'huile minérale, à ces dosages, n'influence pas significativement les résultats cliniques des essais où elle sert de comparateur.

Voir l'étude originale →
Niveau 4 — Série de cas37 participantséquivalent HAS : 4

Europe PMC · 2014-04-26 · Barp L, Kornauth C, Wuerger T, Rudas M, Biedermann M, Reiner A, Concin N, Grob K.

Résumé simplifié :

Cette étude a analysé les tissus de 37 personnes décédées, âgées de 25 à 91 ans, pour mesurer la présence d'hydrocarbures d'huiles minérales (MOSH), des substances que l'on retrouve notamment dans certains aliments contaminés par des emballages ou des procédés industriels. Ces composés ont été détectés dans la graisse, le foie, la rate, les ganglions et les poumons, avec des quantités parfois très élevées. Pour un quart des personnes, plus de 5 grammes de ces substances étaient présents dans tout le corps. Les chercheurs ont remarqué que ces huiles s'accumulent davantage dans le corps humain qu'on ne le pensait, y compris celles considérées comme plus sûres pour l'alimentation.

Résumé reformulé :

Cette étude post-mortem a mesuré les concentrations d'hydrocarbures saturés (MOSH) et aromatiques (MOAH) d'huiles minérales dans divers tissus de 37 sujets humains (25-91 ans). Aucun MOAH n'a été détecté, mais des MOSH ont été retrouvés à des concentrations moyennes variant de 12 mg/kg dans les poumons à 223 mg/kg dans les ganglions lymphatiques mésentériques, avec des pics atteignant 1400 mg/kg dans la rate. Pour un quart des sujets, la charge corporelle totale dépassait 5 g. La composition chimique différait selon les tissus : celle du tissu adipeux et des ganglions incluait des hydrocarbures d'origine végétale, contrairement à celle du foie et de la rate. Les auteurs soulignent une accumulation tissulaire humaine bien supérieure à celle observée lors d'expériences animales à court terme, et remettent en question la classification actuelle des huiles minérales selon leur origine ou leur qualité dite « alimentaire », celle-ci ne semblant pas garantir une moindre accumulation dans l'organisme.

Voir l'étude originale →
Niveau 4 — Série de cas44 participantséquivalent HAS : 4

Europe PMC · 1982-07-01 · Dincsoy HP, Weesner RE, MacGee J.

Résumé simplifié :

Des chercheurs ont examiné 44 foies humains (biopsies et autopsies) qui ne présentaient pas de surcharge en graisse, mais qui montraient de petites lésions appelées lipogranulomes, situées près des petits vaisseaux sanguins du foie. En analysant les graisses présentes dans ces foies et dans des aliments, ils ont découvert que ces lésions seraient une réaction du corps à des huiles minérales absorbées, largement utilisées dans l'industrie alimentaire. Fait notable : ces lésions sont de plus en plus fréquentes, passant de 1,7% des cas dans les années 1950 à 4,6% à la fin des années 1970. Pour l'instant, ces lésions ne semblent pas poser de problème de santé, mais leurs conséquences à long terme restent inconnues.

Résumé reformulé :

Cette étude anatomopathologique a analysé 44 foies humains non stéatosiques (38 biopsies et 6 prélèvements d'autopsie) présentant des lipogranulomes, des petites lésions inflammatoires localisées de façon caractéristique près des parois des veinules hépatiques. Grâce à des techniques d'histochimie lipidique et de chromatographie (sur couche mince et en phase gazeuse) appliquées aux tissus hépatiques et à des échantillons alimentaires, les auteurs suggèrent que ces lésions résultent probablement d'une réaction tissulaire à l'absorption d'hydrocarbures saturés, notamment des huiles minérales largement employées dans l'industrie agroalimentaire. L'étude souligne une augmentation marquée de l'incidence de ces lipogranulomes au fil du temps, passant de 1,7% des cas examinés entre 1952 et 1953 à 4,6% entre 1978 et 1980, ce qui pourrait refléter une exposition alimentaire croissante aux huiles minérales. Bien que ces lésions constituent le plus souvent une découverte fortuite sans signification clinique immédiate, les auteurs insistent sur la nécessité d'études de suivi à long terme pour en évaluer les implications potentielles sur la santé.

Voir l'étude originale →
Afficher aussi les 2 revues narratives et mécanistiques (niveau 5)

Synthèses non systématiques ou centrées sur des mécanismes biologiques : utiles pour comprendre un domaine, mais sans nouvelles données mesurées chez l'homme.

Vous êtes professionnel de santé ou chercheur ? Aidez-nous à fiabiliser ces résumés : relisez, corrigez, signalez. Les relecteurs qui le souhaitent sont crédités sur le site.

Devenir relecteur

Les informations de cette page sont fournies à titre informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent pas un avis médical, un diagnostic ou une recommandation de traitement, et ne remplacent pas la consultation d'un professionnel de santé qualifié.

Ce site utilise des cookies de mesure d'audience (Google Analytics) pour comprendre comment il est utilisé. En savoir plus