Saccharine
Additifs alimentaires
Édulcorant artificiel sans valeur calorique, de pouvoir sucrant très supérieur à celui du sucre, identifié par le code E954. Fabriqué par synthèse chimique, il est utilisé dans les boissons light, les produits allégés, certains médicaments et comme édulcorant de table, souvent en association avec d'autres édulcorants.
Études scientifiques (7)
Carte des preuves
- Niveau 2 · essais randomisés : 1 (14 %)
- Niveau 3 · cohortes, petits essais : 3 (43 %)
- Niveau 4 · études transversales, cas : 2 (29 %)
- Niveau 5 · revues narratives et mécanistiques : 1 (14 %)
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Europe PMC · 2026-04-17 · Kalin K, Rådholm K, Olsson L, Tremaroli V, Woodward M, Wennberg M, Bäckhed F, Rolandsson O.
Résumé simplifié :
Des chercheurs ont testé si la saccharine, un édulcorant artificiel très utilisé, pouvait perturber la façon dont le corps gère le sucre. Quatorze adultes en surpoids, sans diabète, ont consommé une dose quotidienne de saccharine pendant trois mois. Avant et après, les scientifiques ont mesuré précisément leur sensibilité à l'insuline grâce à une méthode de référence, ainsi que leur poids et leur flore intestinale. Résultat : aucun changement notable de la sensibilité à l'insuline, du poids ou de la composition des bactéries intestinales n'a été observé. Un marqueur du sucre dans le sang (l'hémoglobine glyquée) a même légèrement diminué. Cette étude suggère donc que la saccharine, à cette dose, n'altère pas la gestion du sucre chez ces personnes.
Résumé reformulé :
Cette étude pilote en ouvert a exploré l'impact d'une consommation quotidienne de saccharine (5 mg/kg/jour) pendant trois mois sur la sensibilité à l'insuline chez 14 adultes en surpoids sans diabète (moyenne d'âge 60,5 ans). La sensibilité à l'insuline a été évaluée par clamp hyperinsulinémique-euglycémique, méthode considérée comme la plus précise, avant et après l'intervention. Treize participants ont terminé l'étude. Aucune variation significative n'a été constatée concernant la sensibilité à l'insuline (ΔM = -0,1 ; p = 0,85) ni le poids corporel (différence moyenne de -0,1 kg ; p = 0,70). En revanche, l'hémoglobine glyquée a diminué de façon statistiquement significative (de 38,7 à 36,8 mmol/mol ; p = 0,003). L'analyse du microbiote intestinal, via séquençage du gène 16S rRNA, n'a révélé aucune modification notable de sa composition ou de sa richesse. Les auteurs concluent que cette étude ne démontre pas de lien entre la consommation de saccharine et une altération de la sensibilité à l'insuline chez des adultes en surpoids sans diabète, nuançant ainsi des résultats contradictoires rapportés dans la littérature antérieure, notamment chez l'animal.
Europe PMC · 2025-08-01 · Steffen BT, Lusczek ER, Jacobs DR, Chen C, Murthy VL, Van Horn L, Terry JG, Carr JJ, Steffen LM.
Résumé simplifié :
Cette étude a suivi plus de 2000 jeunes adultes américains pour voir si consommer de l’aspartame ou de la saccharine (édulcorants artificiels) modifiait leur métabolisme, mesuré grâce à des centaines de molécules présentes dans le sang. Résultats : aucune perturbation notable n’a été observée sur les sucres, graisses ou acides aminés. Seules des traces logiques ont été retrouvées, comme la présence de saccharine elle-même dans le sang des consommateurs, ou des composés liés à la caféine chez les gros consommateurs d’aspartame (souvent présents dans des boissons contenant aussi de la caféine). Les chercheurs concluent que, aux niveaux de consommation habituels, ces édulcorants ne semblent pas perturber le métabolisme.
Résumé reformulé :
Dans cette large étude de cohorte (CARDIA), les chercheurs ont analysé 549 métabolites plasmatiques chez 2160 adultes afin d’examiner si la consommation habituelle d’aspartame ou de saccharine était associée à des anomalies métaboliques. Après ajustement pour de nombreux facteurs de confusion et correction pour tests multiples, aucune association significative n’a été retrouvée avec les métabolites des sucres, lipides, glucides ou acides aminés, suggérant l’absence de perturbation métabolique globale. Les seules associations retrouvées concernaient des marqueurs attendus : la présence de saccharine dans le plasma chez les consommateurs de saccharine, et des métabolites liés à la caféine chez les gros consommateurs d’aspartame, probablement en raison de la coconsommation de boissons caféinées. Les auteurs soulignent toutefois que ces résultats ne permettent pas d’exclure un effet potentiel à des niveaux de consommation beaucoup plus extrêmes que ceux observés dans cette population générale.
Europe PMC · 2024-11-04 · Gao Y, Yin L, Zhang Y, Li X, Liu L.
Résumé simplifié :
Cette étude a suivi des adultes américains (diabétiques, pré-diabétiques ou en surpoids) pour voir si consommer de la saccharine, un édulcorant artificiel, était lié à un risque plus élevé de décès. Chez les personnes diabétiques ou pré-diabétiques, une consommation plus élevée de saccharine était associée à un risque accru de mourir, que ce soit toutes causes confondues, de maladie cardiovasculaire ou de cancer. Chez les personnes en surpoids, un lien a aussi été observé avec le risque de décès par cancer. Remplacer la saccharine par du sucre ou par de l'aspartame semblait réduire ces risques dans les calculs des chercheurs. Ces résultats ne prouvent pas que la saccharine cause ces décès, mais ils soulèvent des questions sur sa consommation à long terme.
Résumé reformulé :
À partir des données de la cohorte NHANES (1988-1994), cette étude a examiné, via des modèles de Cox, l'association entre la consommation de saccharine et la mortalité toutes causes, cardiovasculaire (CVD) et par cancer, chez des populations diabétiques/pré-diabétiques et en surpoids. Après ajustement multivarié, une consommation absolue plus élevée de saccharine était associée, chez les diabétiques et pré-diabétiques, à un risque accru de mortalité toutes causes (HR 1,41), cardiovasculaire (HR 1,93) et par cancer (HR 2,26). Chez les personnes en surpoids, l'association concernait surtout la mortalité par cancer (HR 7,37, intervalle très large). Des analyses de substitution suggèrent que remplacer la saccharine par du sucre total ou par de l'aspartame réduirait ces risques de mortalité de façon notable. Ces effets étaient observés même à des niveaux de consommation inférieurs à la limite fixée par la FDA. Il s'agit d'une étude observationnelle, qui met en évidence des associations statistiques et non une relation de cause à effet démontrée.
Europe PMC · 2023-04-03 · Hasan HM, Alkass SY, de Oliveira DSP.
Résumé simplifié :
Cette étude a comparé des personnes qui consomment régulièrement des édulcorants (saccharine et cyclamate) à celles qui n'en consomment pas, chez des volontaires en bonne santé et chez des diabétiques de type 2. Chez les personnes en bonne santé, les consommateurs d'édulcorants avaient des taux plus élevés de sucre glyqué, de marqueurs de stress oxydatif et de graisses dans le sang (triglycérides, mauvais cholestérol). Chez les diabétiques, on observait aussi une glycémie plus élevée et davantage de marqueurs de stress oxydatif. Plus la quantité consommée et la durée de consommation augmentaient, plus certains effets étaient marqués. Cela suggère un effet potentiellement négatif de ces édulcorants sur le métabolisme à long terme.
Résumé reformulé :
Cette étude observationnelle a comparé des paramètres biochimiques entre des consommateurs réguliers d'édulcorants (saccharine et cyclamate) et des non-consommateurs, chez des volontaires sains et chez des patients diabétiques de type 2, en tenant compte de la dose quotidienne et de la durée de consommation. Chez les personnes en bonne santé, la consommation d'édulcorants était associée à une hausse de l'hémoglobine glyquée, du malondialdéhyde (marqueur de stress oxydatif), des triglycérides, du LDL et du ratio cholestérol total/HDL. Chez les diabétiques, on notait une glycémie à jeun, une céruloplasmine et un malondialdéhyde plus élevés. Des corrélations positives ont été observées entre le nombre de comprimés consommés par jour et la glycémie ainsi que la créatinine sérique, et entre la durée de consommation et la glycémie ainsi que les triglycérides. Les auteurs concluent à un effet dose- et temps-dépendant de ces édulcorants sur plusieurs marqueurs métaboliques et à une augmentation possible du stress oxydatif, sans toutefois établir de lien de causalité direct du fait du design observationnel de l'étude.
Motif : essai de 9 participants
Europe PMC · 2022-05-13 · Bayındır Gümüş A, Keser A, Tunçer E, Altuntaş Yıldız T, Kepenekci Bayram İ.
Résumé simplifié :
Cette petite étude a testé l'effet de la saccharine, un édulcorant artificiel, sur la glycémie et l'insuline chez 9 hommes jeunes et en bonne santé. Les participants ont bu soit de l'eau seule, soit de l'eau sucrée au sucre, soit de l'eau contenant de la saccharine, une heure avant un petit-déjeuner standard. Les chercheurs ont ensuite mesuré leur glycémie et leur taux d'insuline à plusieurs reprises. Résultat : contrairement au sucre, la saccharine n'a pas fait grimper la glycémie. Son effet sur l'insuline reste toutefois à préciser, car de légères variations ont été observées sans être statistiquement significatives.
Résumé reformulé :
Cet essai croisé a comparé, chez 9 hommes jeunes et en bonne santé, les effets d'une prise de 300 ml d'eau seule, d'eau sucrée avec 75 g de sucrose, ou d'eau contenant 240 mg de saccharine (à pouvoir sucrant équivalent), consommés une heure avant un petit-déjeuner standard. Les niveaux de glycémie et d'insuline ont été suivis à différents intervalles. Les résultats montrent qu'après le sucrose, la glycémie était significativement plus élevée qu'après la saccharine à la 15e minute, et que la sécrétion d'insuline à la 60e minute était également plus forte après le sucrose qu'après la saccharine ou l'eau. En revanche, aucune différence significative n'a été observée entre la saccharine et l'eau sur la glycémie. Les auteurs concluent que la saccharine n'a pas d'effet notable sur la glycémie à court terme, mais soulignent que son impact potentiel sur la sécrétion d'insuline mériterait d'être étudié sur le long terme, la taille réduite de l'échantillon limitant la portée de ces conclusions.
Europe PMC · 2021-01-12 · Serrano J, Smith KR, Crouch AL, Sharma V, Yi F, Vargova V, LaMoia TE, Dupont LM, Serna V, Tang F, Gomes-Dias L, Blakeslee JJ, Hatzakis E, Peterson SN, Anderson M, Pratley RE, Kyriazis GA.
Résumé simplifié :
Cette étude a testé si la saccharine, un édulcorant sans calorie, pouvait perturber le microbiote intestinal ou la régulation du sucre dans le sang. Des hommes et des femmes en bonne santé ont pris de la saccharine pure pendant deux semaines, à la dose maximale jugée acceptable, dans le cadre d'un essai avec placebo. Des souris ont aussi été testées sur une plus longue période. Résultat : ni chez les humains ni chez les souris, la saccharine n'a changé la composition du microbiote intestinal, ni provoqué de problème de tolérance au glucose. Ces résultats suggèrent que, à dose raisonnable et sur une durée limitée, la saccharine ne présente pas de risque particulier pour ces aspects de la santé.
Résumé reformulé :
Cet essai clinique randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo, a évalué les effets de la saccharine pure sur le microbiote intestinal et la tolérance au glucose chez des adultes en bonne santé. Les participants ont reçu, pendant deux semaines, soit un placebo, soit de la saccharine, soit du lactisole (un inhibiteur des récepteurs du goût sucré), soit une combinaison des deux, à des doses atteignant la limite journalière acceptable. En parallèle, une étude similaire a été menée chez des souris pendant dix semaines, incluant des animaux génétiquement modifiés dépourvus de récepteurs du goût sucré intestinaux. Chez l'humain comme chez la souris, aucune intervention n'a modifié la réponse glycémique ou hormonale lors d'un test de tolérance au glucose, ni altéré la diversité ou la composition du microbiote intestinal, ni les métabolites fécaux ou les acides gras à chaîne courte. En revanche, les souris sans récepteurs du goût sucré étaient protégées contre une détérioration de la tolérance au glucose liée à l'âge, suggérant un rôle de ces récepteurs indépendant de la consommation de saccharine. Les auteurs concluent qu'une consommation de saccharine à dose maximale acceptable, sur une durée courte, ne suffit pas à perturber le microbiote intestinal ni à induire une intolérance au glucose chez des sujets sains.
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