← Retour à la veille scientifique

Textures modifiées et dysphagie

— recevez chaque lundi par e-mail les nouvelles études sur Textures modifiées et dysphagie.

Adaptation de la consistance des aliments solides (mixé, haché, tendre) et des liquides (épaissis) destinée aux personnes présentant des troubles de la déglutition, appelés dysphagie. Des classifications internationales définissent des niveaux standardisés de texture, utilisés en milieu hospitalier, en établissement médico-social ou à domicile.

Études scientifiques (16)

Carte des preuves

16études
  • Niveau 2 · essais randomisés : 1 (6 %)
  • Niveau 3 · cohortes, petits essais : 8 (50 %)
  • Niveau 4 · études transversales, cas : 3 (19 %)
  • Niveau 5 · revues narratives et mécanistiques : 4 (25 %)

Nombre d'études par problème de santé et par niveau de preuve. Cliquez sur un nombre pour afficher ces études dans la liste ci-dessous, ou sur le nom d'un problème pour voir toutes les études qui le concernent sur le site. Une même étude peut concerner plusieurs problèmes de santé.

Problème de santéTotalNiv. 1Niv. 2Niv. 3Niv. 4Niv. 5
Troubles digestifs fonctionnels (constipation, reflux)5··311
Dénutrition et sarcopénie3····3
AVC2··2··
Santé bucco-dentaire1····1
Santé respiratoire (BPCO)1····1
Traitement, survie et dénutrition liés au cancer1·1···

Ces fiches sont générées par IA à partir des abstracts : elles aident à repérer et trier les études, l'étude originale reste la référence. Seules les études menées chez l'homme sont retenues : les résultats obtenus sur des cellules ou des animaux ne se confirment le plus souvent pas chez l'homme. Notre méthode →

Répartition par niveau de preuve (cliquez pour filtrer) · Comprendre les niveaux

Toutes (16)Niveau 2 : 1Niveau 3 : 8Niveau 4 : 3Niveau 5 : 4

Trier : plus récentes d'abord · plus anciennes d'abordExporter ces études : tableau de preuves (Excel) · importer dans Zotero, EndNote ou Mendeley

Niveau 3 — Étude de cohorte rétrospective406 participantséquivalent HAS : 2

Europe PMC · 2026-09-22 · Motoyama R, Tanaka T, Fukuma K, Nakazawa S, Chiba T, Tonomura S, Ihara M.

Résumé simplifié :

Après un AVC, les patients ayant des troubles de la déglutition reçoivent souvent une alimentation à texture modifiée (mixée, épaissie, etc.). Cette étude a suivi 406 patients pour voir si la quantité réellement mangée de ce type de repas était liée à leur récupération. Résultat : ceux qui mangeaient une plus grande proportion de leur repas à texture modifiée avaient tendance à mieux récupérer, à la sortie de l'hôpital et après 90 jours. Mais comme il s'agit d'une observation et non d'un test contrôlé, on ne peut pas dire que bien manger ce type d'aliment cause la guérison : cela peut aussi simplement refléter un état de santé moins grave au départ.

Résumé reformulé :

Cette étude rétrospective monocentrique a inclus 406 patients victimes d'AVC ischémique ou hémorragique, recevant une alimentation à texture modifiée en raison d'une dysphagie suspectée ou confirmée. Les chercheurs ont calculé un taux global de consommation de ces repas et examiné son lien avec le score de Rankin modifié (mRS), reflétant le niveau de handicap, à la sortie et à 90 jours, en ajustant pour l'âge, le sexe, la sévérité de l'AVC, l'état préalable et le statut nutritionnel. Chaque augmentation de 10% du taux de consommation était associée à un meilleur statut fonctionnel à la sortie (OR ajusté 0,85) et à 90 jours (OR ajusté 0,88), ainsi qu'à une probabilité accrue d'un résultat favorable à la sortie. L'association à 90 jours pour le résultat favorable n'était pas statistiquement significative. Les auteurs soulignent que ces résultats observationnels ne permettent pas d'établir un lien de causalité, le taux de consommation pouvant aussi refléter la sévérité des troubles de déglutition ou l'état clinique général.

Voir l'étude originale →
Niveau 3 — Étude de cohorte rétrospective163 participantséquivalent HAS : 2

Europe PMC · 2026-08-19 · Kim JW, Choi SY, Lee JW, Jang SH, Han SH, Park JH, Yun YJ.

Résumé simplifié :

Chez les personnes souffrant de troubles de la déglutition (dysphagie), les liquides trop épaissis peuvent nuire à l'hydratation et à l'absorption des médicaments. Cette étude a analysé 163 patients ayant passé un examen de déglutition pour tester un niveau de texture intermédiaire, « légèrement épaissi » (niveau 1 de la classification IDDSI), entre le liquide normal et le liquide modérément épaissi. Résultat : ce niveau réduit nettement le risque de fausse route (passage du liquide dans les voies respiratoires) par rapport au liquide normal, avec un bénéfice supplémentaire limité si on épaissit encore plus. Environ 14 à 17% des patients n'avaient besoin que de ce niveau léger pour avaler sans danger.

Résumé reformulé :

Cette étude rétrospective a examiné 163 patients ayant subi un examen vidéofluoroscopique de la déglutition, dont un sous-groupe de 87 patients victimes d'AVC, afin d'évaluer l'utilité clinique du niveau 1 (légèrement épaissi) de la classification IDDSI pour la dysphagie oropharyngée. En comparant systématiquement les textures du plus épais au plus liquide, les chercheurs ont mesuré le risque de fausse route (aspiration) à chaque niveau. Le niveau 1 a réduit ce risque de 12 points de pourcentage par rapport au liquide normal (réduction relative de 31,5%, avec un nombre de patients à traiter d'environ 8 pour éviter un cas), un bénéfice similaire ou plus marqué chez les patients post-AVC. Passer au niveau 2, plus épais, n'apportait qu'un gain additionnel modeste. Environ 14 à 17% des patients se révélaient suffisamment protégés par le seul niveau 1, sans nécessiter d'épaississement plus important. Ces résultats suggèrent que ce niveau intermédiaire, encore peu utilisé en pratique, pourrait limiter les inconvénients du sur-épaississement (déshydratation, moindre absorption des traitements) tout en assurant une sécurité de déglutition suffisante chez une partie des patients.

Voir l'étude originale →
Niveau 4 — Étude transversale128 participantséquivalent HAS : 4

Europe PMC · 2026-08-05 · Hägglund P, Martell P, Nylén F.

Résumé simplifié :

Des chercheurs ont examiné comment 128 adultes en bonne santé, de 21 à 91 ans, avalent différentes textures d'aliments et de liquides, à l'aide d'une caméra insérée dans le nez. Ils ont testé quatre consistances, dont une très épaisse. Résultat : avaler devient un peu moins sûr avec l'âge, surtout chez les hommes, et le risque augmente quand il faut avaler plusieurs fois pour un même bol. En revanche, les textures très épaisses réduisent ce risque. Ces données servent de référence pour mieux repérer les troubles de la déglutition (dysphagie) chez les patients.

Résumé reformulé :

Cette étude transversale a inclus 128 adultes sains (21-91 ans) soumis à une évaluation endoscopique flexible de la déglutition (FEES) avec 20 essais de bolus de quatre consistances différentes. La sécurité de la déglutition a été mesurée via l'échelle de Pénétration-Aspiration (PAS). Une déglutition jugée à risque (PAS ≥ 3) est survenue chez 9,4% des participants, le plus souvent sous forme d'aspiration minime. Un nombre élevé de déglutitions par bolus était associé à un risque accru (OR=3,7), tandis que la texture extrêmement épaisse (IDDSI niveau 4) réduisait ce risque (OR=0,06). Chez les hommes, le risque augmentait significativement avec l'âge (OR=15,3 pour les hommes âgés vs jeunes), alors qu'aucun effet de l'âge n'était observé chez les femmes. Le ronflement n'était pas associé au risque de déglutition dangereuse. Ces résultats, obtenus chez des sujets sains, fournissent des valeurs de référence utiles pour interpréter les examens FEES réalisés chez des patients souffrant de troubles de la déglutition.

Voir l'étude originale →
Niveau 3 — Revue systématique d'études observationnelleséquivalent HAS : 2

Europe PMC · 2026-07-27 · Steele CM, Dharmarathna I, Benfield JK, Sollereder S, Lipkin E, Pedrolli C, Nagy A, Goldenberg K, Smaoui S, Yu D, Guo A, Najeeb H, Mappanasingam A, DiStefano P, Gandhi P, Cichero JAY, Simmons MM, Panes V, de Araujo IS, Lirani-Silva C, Mancopes R, Milne H, Crawford ME, Guimarães FF, Catao M.

Résumé simplifié :

Cette étude fait le bilan de nombreuses recherches sur les personnes ayant des troubles de la déglutition (dysphagie). Elle cherche à savoir si épaissir les liquides ou modifier la texture des aliments aide à avaler plus en sécurité. Après avoir examiné des dizaines de milliers d'articles, les chercheurs ont retenu 70 études récentes utilisant une classification internationale des textures (IDDSI). Résultat : les liquides plus épais réduisent le risque que le liquide passe dans les voies respiratoires, surtout en petites quantités. En revanche, les aliments solides modifiés laissent parfois plus de résidus dans la gorge chez les patients. Chaque personne devrait être évaluée individuellement.

Résumé reformulé :

Cette revue systématique actualise une analyse de 2015 de l'International Dysphagia Diet Standardisation Initiative (IDDSI) sur l'impact de la consistance des liquides et de la texture des aliments sur la déglutition. En suivant une méthodologie rigoureuse (PRISMA, PROSPERO), les auteurs ont examiné plus de 63 000 références pour retenir 70 études publiées entre 2017 et 2024, utilisant la terminologie IDDSI. La vidéofluoroscopie était la technique la plus utilisée pour évaluer la déglutition. Parmi les 25 études rapportant des données de sécurité, les liquides épaissis réduisaient systématiquement le risque de fausse route par rapport aux liquides fins, et des volumes de bolus plus faibles limitaient les résidus avec les liquides épaissis. Les textures alimentaires modifiées entraînaient rarement des fausses routes mais étaient associées à davantage de résidus chez les patients atteints de dysphagie. Les auteurs soulignent la nécessité d'une prise de décision clinique individualisée pour adapter la texture des aliments et liquides selon chaque patient.

Voir l'étude originale →
Niveau 3 — Étude de cohorte rétrospective1 216 participantséquivalent HAS : 2

Europe PMC · 2026-06-22 · Crawford ME, Reynolds S, Corson T, Sabo RT, Chu V, Steele CM.

Résumé simplifié :

Cette étude a analysé les dossiers de plus de 1200 patients hospitalisés pour un AVC. Elle regarde si le fait d'avoir des troubles de la déglutition (dysphagie) et de recevoir des liquides épaissis ou d'être mis à jeun est lié à un risque plus élevé de pneumonie par fausse route ou d'infection urinaire. Résultats : environ un tiers des patients avaient une dysphagie, et ceux dont les liquides étaient restreints (épaissis ou jeûne prolongé) avaient plus souvent ces deux complications. Les femmes et les personnes de 60 ans et plus avaient aussi plus de risque d'infection urinaire. Les auteurs appellent à mieux documenter ces pratiques et à agir plus vite.

Résumé reformulé :

Cette étude rétrospective a examiné les dossiers de 1216 adultes hospitalisés pour un AVC ischémique ou hémorragique entre 2021 et 2023, afin d'évaluer les liens entre la dysphagie documentée, les restrictions d'apport liquidien (liquides épaissis ou mise à jeun prolongée) et la survenue de pneumonie d'aspiration ou d'infection urinaire. La dysphagie était rapportée chez 31,7 % des patients, avec 23,5 % de mises à jeun et 3,5 % de recommandations de liquides épaissis. Après ajustement pour l'âge, le sexe, le type d'AVC et d'autres covariables, les restrictions liquidiennes restaient associées de façon significative à une augmentation des deux comorbidités étudiées. Le sexe féminin et un âge supérieur à 60 ans étaient également liés à un risque accru d'infection urinaire. Les auteurs soulignent la nature observationnelle de l'étude et appellent à des recherches prospectives pour mieux comprendre le rôle du moment du diagnostic et des interventions sur ces associations.

Voir l'étude originale →
Niveau 3 — Étude de cohorte rétrospective272 participantséquivalent HAS : 2

Europe PMC · 2026-06-01 · Brennan K, Utter J, Carnes RR, Luxton C, McCray S.

Résumé simplifié :

Cette étude a comparé deux façons de préparer des repas à texture modifiée (mixés) pour des patients hospitalisés souffrant de troubles de la déglutition (dysphagie). La première méthode consiste à cuisiner sur place et servir en ramequin ; la seconde utilise des produits du commerce remoulés pour ressembler à de vrais aliments. Les chercheurs ont comparé les apports alimentaires réels des patients, le coût et la satisfaction. Résultat : les repas du commerce étaient plus riches en nutriments et un peu plus chers, et semblaient mieux appréciés, mais les patients ne mangeaient pas davantage au final. Globalement, aucun des deux groupes n'atteignait les besoins nutritionnels recommandés.

Résumé reformulé :

Cette étude pilote rétrospective a comparé, chez des patients hospitalisés souffrant de dysphagie, deux modes de préparation d'aliments à texture modifiée : des repas cuisinés sur place et servis en ramequin (n=120) versus des repas industriels remoulés pour retrouver leur forme originale (n=152). Les apports nutritionnels réels ont été évalués via le système électronique de gestion des menus et comparés aux besoins théoriques calculés selon la taille et le poids. Les repas du commerce se sont révélés plus denses en nutriments, environ 10% plus coûteux, et semblaient mieux appréciés par les patients. Cependant, aucune différence significative n'a été observée entre les deux groupes concernant les apports énergétiques (43-47% des besoins) et protéiques (55-59% des besoins). Les auteurs concluent que malgré un surcoût modéré et une meilleure densité nutritionnelle, cette approche n'a pas permis d'améliorer significativement les apports réels des patients.

Voir l'étude originale →
Niveau 3 — Étude de cohorte rétrospective248 participantséquivalent HAS : 2

Europe PMC · 2026-04-09 · Petrie BK, Lewis CW, Dreyer S, Jayabalan P.

Résumé simplifié :

Cette étude a suivi 248 patients hospitalisés en centre de réadaptation après une forme grave de COVID-19. Près de la moitié d'entre eux présentaient des troubles de la déglutition (dysphagie) à leur arrivée, majoritairement liés à la bouche et au pharynx. Après environ trois semaines de prise en charge, ces troubles avaient disparu chez plus de 4 patients sur 10. Les patients ayant de meilleures capacités de compréhension avaient moins de risques de dysphagie et récupéraient mieux. À la sortie, la grande majorité des patients, même ceux ayant encore des difficultés, ont pu reprendre une alimentation normale ou proche de la normale.

Résumé reformulé :

Cette étude de cohorte rétrospective a examiné 248 patients admis en centre de réadaptation après une infection sévère à COVID-19, afin de caractériser la dysphagie oropharyngée. À l'admission, 46% présentaient une dysphagie, principalement de type oropharyngé (89,7%). Après un séjour moyen de trois semaines, la dysphagie s'est résolue chez 43,5% des patients. Un score de compréhension plus élevé (mesuré par le Functional Independence Measure) était associé à un moindre risque de dysphagie et à une meilleure probabilité de résolution, suggérant un lien entre fonction cognitive et déglutition chez des patients sans atteinte neurologique identifiée. Le retour à domicile était fréquent, que la dysphagie persiste ou se résolve (86,5% vs 88,6%). Enfin, 92,1% des patients dysphagiques à l'admission ont pu quitter l'établissement avec un régime alimentaire normal ou de texture proche de la normale selon l'échelle IDDSI.

Voir l'étude originale →
Niveau 4 — Essai non randomisé20 participantséquivalent HAS : 2
⚠ Niveau ajusté (3 → 4)

Motif : essai de 20 participants

Europe PMC · 2026-03-26 · Gandhi P, Barrett E, Mancopes R, Panes V, Peladeau-Pigeon M, Simmons MM, Steele CM.

Résumé simplifié :

Cette étude a examiné, chez 20 adultes en bonne santé, comment la texture des aliments (du haché-humide au solide normal) modifie la façon dont on avale. Grâce à des examens aux rayons X pendant la déglutition, les chercheurs ont mesuré la durée des mouvements, l'ouverture de l'œsophage, la contraction de la gorge et les résidus d'aliments restants après avoir avalé. Résultat : plus la texture est dure ou complexe, plus la déglutition prend du temps et demande d'efforts différents. Ces données servent de référence pour mieux comprendre et évaluer les troubles de la déglutition (dysphagie) chez les patients, en comparant leurs performances à celles de personnes saines selon la texture testée.

Résumé reformulé :

Cette étude expérimentale a analysé, via vidéofluoroscopie, la déglutition de 20 adultes sains (23-55 ans) confrontés à trois textures alimentaires normalisées selon la classification IDDSI : haché-humide (MM5), tendre en morceaux (SB6) et solide normal (RG7), comparées à des données de référence sur purée extra-lisse (EX4/PU4). Les résultats montrent que le temps de déglutition relatif à l'ascension de l'os hyoïde augmente avec la complexité de la texture (MM5 < SB6 < RG7), avec des durées toujours supérieures à celles observées pour les purées. L'ouverture du sphincter œsophagien supérieur et la distension maximale varient aussi selon la texture, de même que les résidus pharyngés, plus importants pour MM5 et RG7. Ces résultats, bien qu'obtenus chez des sujets sans trouble de déglutition, apportent des valeurs physiologiques de référence utiles pour interpréter les examens cliniques de dysphagie selon la texture testée, et suggèrent que les textures RG7 et SB6 sont les plus informatives pour évaluer la constriction pharyngée et l'efficacité de la déglutition.

Voir l'étude originale →
Niveau 3 — Essai non randomisé30 participantséquivalent HAS : 2

Europe PMC · 2026-02-21 · Tuakta P, Kongjaroen A, Methacanon P, Gamonpilas C, Mahathanaruk N, Phongkitkarun S, Benjapornlert P.

Résumé simplifié :

Cette étude a testé, chez 30 adultes en bonne santé, des liquides épaissis à différents niveaux de texture (selon la classification IDDSI utilisée pour les troubles de déglutition) et avec cinq épaississants différents. Grâce à des radios en mouvement, les chercheurs ont observé où se trouvait la bouchée de liquide dans la gorge et comment le larynx se fermait pour protéger les voies respiratoires. Plus le liquide était épais, plus il restait haut dans la gorge et plus la fermeture du larynx durait longtemps, ce qui est plus sûr. Les épaississants à base de gomme donnaient des bouchées plus stables que ceux à base d'amidon.

Résumé reformulé :

Cette étude expérimentale a évalué, par vidéofluoroscopie, l'effet de cinq agents épaississants différents sur le comportement de déglutition de liquides préparés selon quatre niveaux de viscosité de la classification IDDSI, chez 30 adultes sains ingérant 10 mL de chaque préparation. Les résultats montrent qu'avec l'augmentation du niveau IDDSI, le bolus se positionne plus haut dans l'oropharynx et que la durée de fermeture laryngée diminue progressivement des niveaux 1 à 3-4, un épaississant (ThickenUp Clear) induisant la fermeture laryngée la plus longue. La forme du bolus (ratio d'aspect) restait stable quel que soit l'agent ou le niveau IDDSI. Les auteurs concluent que les textures plus épaisses favorisent une position plus haute du bolus et une fermeture laryngée prolongée, deux éléments associés à une déglutition plus sécurisée, et que les épaississants à base de gomme produisent des bolus plus cohésifs que ceux à base d'amidon, suggérant un meilleur contrôle de l'écoulement et une meilleure protection des voies aériennes.

Voir l'étude originale →
Niveau 4 — Étude cas-témoins38 participantséquivalent HAS : 3

Europe PMC · 2025-12-22 · Wilson IK, Jansen GP, Mohr AH, Georgieff M, Ramel S, Dietz K, Shifsky H, McGrattan KE.

Résumé simplifié :

Certains bébés nés prématurément ont du mal à boire suffisamment au biberon ou au sein une fois arrivés à l'âge correspondant au terme de la grossesse. Cette étude a comparé 19 de ces bébés, à qui on a donné du lait épaissi, à 19 autres bébés prématurés similaires n'ayant pas ce problème. Avant l'épaississement, les bébés en difficulté progressaient beaucoup plus lentement que les autres. Après seulement 48 heures de lait épaissi, la quantité de lait bue a augmenté de 13 %. Les liquides épaissis pourraient donc aider certains prématurés à mieux s'alimenter par la bouche, même sans signe de fausse route visible lors des examens.

Résumé reformulé :

Cette étude rétrospective cas-témoins a examiné l'effet des liquides épaissis chez des prématurés (25-35 semaines de gestation) peinant à atteindre une alimentation orale complète à l'âge post-menstruel du terme. Dix-neuf nourrissons ayant reçu du lait épaissi (sans fausse route détectée à l'examen instrumental) ont été comparés à 19 témoins appariés sur l'âge gestationnel et les comorbidités, suivant une progression classique avec liquides fins. Avant l'épaississement, le groupe en difficulté progressait significativement plus lentement (1,3 %/jour contre 4,5 %/jour chez les témoins, p<0,001). Après introduction du lait épaissi, le transfert global de lait a augmenté de 13 % en 48 heures (p=0,01). Les auteurs concluent que les liquides épaissis pourraient constituer un traitement efficace pour certains prématurés en difficulté d'alimentation orale, même en l'absence d'aspiration objectivée à l'examen instrumental.

Voir l'étude originale →
Niveau 3 — Étude de cohorte rétrospective521 participantséquivalent HAS : 2

Europe PMC · 2025-11-01 · Golden C, Kim M, Larson K, Duncan DR.

Résumé simplifié :

Cette étude a analysé les dossiers de 521 bébés ayant des troubles de la déglutition (fausses routes ou pénétration de liquide dans les voies respiratoires). Les chercheurs ont testé différentes épaisseurs de liquides pendant un examen d'imagerie de la déglutition. Résultat : plus le liquide était épais, plus la déglutition devenait sûre. Avec une texture légèrement épaissie, environ 73% des bébés avalaient sans risque. Et parmi ceux à qui on a recommandé d'épaissir leurs liquides, 96% ont ensuite réussi à avaler en toute sécurité. Cela confirme que l'épaississement des liquides est une solution efficace pour aider les nourrissons ayant des difficultés à avaler.

Résumé reformulé :

Cette étude rétrospective a porté sur 521 nourrissons présentant une pénétration laryngée ou une aspiration lors d'un examen vidéofluoroscopique de la déglutition (VFSS). Les chercheurs ont évalué l'effet de différentes viscosités de liquides épaissis sur la sécurité de la déglutition, mesurée par le score PAS (pénétration-aspiration). L'épaississement a été testé chez 71% des patients, plus souvent chez les nourrissons plus âgés ou présentant des troubles de déglutition plus sévères. Les résultats montrent une relation dose-dépendante : la proportion de déglutitions sûres (PAS ≤ 2) augmentait avec la viscosité, atteignant 73% avec une texture légèrement épaissie. Parmi les 300 nourrissons pour qui un épaississement a été recommandé, 96% ont atteint un score PAS sûr. Ces résultats, obtenus sur une cohorte observationnelle sans groupe contrôle randomisé, suggèrent un effet thérapeutique de l'épaississement des liquides, avec une texture légèrement épaissie suffisant pour la majorité des nourrissons concernés.

Voir l'étude originale →
Niveau 2 — Essai randomisé contrôlé43 participantséquivalent HAS : 1

Europe PMC · 2025-10-25 · Wu HY, Zhang J, Cao A, Li PJ, Cai ZG, Shan XF, Zhang L, Yang Y.

Résumé simplifié :

Après une opération pour un cancer de la langue ou du plancher de la bouche avec reconstruction, avaler redevient difficile et une sonde nasogastrique est souvent nécessaire. Cette étude a testé, chez 43 patients, un protocole structuré proposant des liquides épaissis dès le retrait de la trachéotomie, avec un test d'imagerie pour choisir la texture la plus sûre. Résultat : les patients suivant ce protocole ont pu retirer leur sonde plus tôt (environ 9 jours contre 16), ont moins perdu de poids, ont mieux récupéré la déglutition et ont eu une meilleure qualité de vie que ceux suivis de façon classique.

Résumé reformulé :

Cet essai contrôlé randomisé, mené auprès de 43 patients opérés d'une tumeur de la langue ou du plancher buccal avec reconstruction par lambeau libre, a comparé une prise en charge standard de la rééducation à la déglutition à un protocole structuré d'introduction de liquides épaissis. Après retrait de la trachéotomie, les patients du groupe intervention recevaient d'abord un liquide de viscosité moyenne, puis une évaluation vidéofluoroscopique déterminait la texture (faible, moyenne ou forte viscosité) associée au moindre risque de pénétration/aspiration, avant retrait progressif de la sonde nasogastrique. Les liquides peu épaissis présentaient davantage de risques de pénétration (52,4 %) et d'aspiration (14,3 %) que les textures plus épaisses, sans aspiration observée pour les viscosités moyenne et élevée. Le groupe intervention a bénéficié d'une durée de sonde nasogastrique plus courte (9,2 vs 15,6 jours), d'une meilleure fonction de déglutition, d'une perte de poids moindre et d'une qualité de vie supérieure, suggérant l'intérêt clinique d'une approche individualisée et progressive des textures modifiées en post-opératoire.

Voir l'étude originale →
Afficher aussi les 4 revues narratives et mécanistiques (niveau 5)

Synthèses non systématiques ou centrées sur des mécanismes biologiques : utiles pour comprendre un domaine, mais sans nouvelles données mesurées chez l'homme.

Vous êtes professionnel de santé ou chercheur ? Aidez-nous à fiabiliser ces résumés : relisez, corrigez, signalez. Les relecteurs qui le souhaitent sont crédités sur le site.

Devenir relecteur

Les informations de cette page sont fournies à titre informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent pas un avis médical, un diagnostic ou une recommandation de traitement, et ne remplacent pas la consultation d'un professionnel de santé qualifié.

Ce site utilise des cookies de mesure d'audience (Google Analytics) pour comprendre comment il est utilisé. En savoir plus